Droit de suite et devoir d’anticipation

Tribune libre dans Heillecourt notre ville – novembre 2017

En matière d’aménagement d’une commune comme d’un territoire plus vaste, les choix politiques s’évaluent dans le temps. C’est aussi la raison pour laquelle les erreurs du passé doivent éclairer les décisions à venir.

Lorsqu’en 2010 nous mettions en débat à la fois le développement anarchique de la zone commerciale de Frocourt, la non-réalisation de la bretelle d’autoroute prévue 10 ans plus tôt et le projet de la desserte de Frocourt, nous interrogions sur les risques d’accroissement de la circulation dans la traversée d’Heillecourt en provenance de l’avenue des Erables.

Depuis, l’urbanisation commerciale de Frocourt a été stoppée au profit de l’implantation d’entreprises de services, la bretelle d’autoroute a été finalement réalisée en 2013, tout comme la desserte de Frocourt qui facilite parfois l’accès à la zone commerciale pour les Heillecourtois. Cependant, les difficultés demeurent, pour preuve les travaux engagés actuellement au rond-point de l’avenue des Erables à Houdemont, visant à y fluidifier la circulation. Par ailleurs, aucune information n’est communiquée sur l’évolution de la circulation sur les principaux axes (Grande rue, rues de Brest, Versailles et Besançon) à Heillecourt.

Lorsqu’en 2012 nous mettions en garde en même temps contre des annonces opportunistes d’une halte-gare à Heillecourt et la programmation de l’urbanisation avec 900 logements dans la friche SNCF rue Léon Songeur à Heillecourt et à Jarville, nous doutions de la sincérité de ces annonces et redoutions les conséquences environnementales et sociales de cette urbanisation.

Depuis, de coûteuses études sur une halte-gare à Heillecourt ont été payées par le Grand Nancy en 2015 alors que la présentation récente de perspectives d’évolution, à moyen terme du réseau Stan et à plus long terme d’un tram-train, évoque une halte-gare non pas à Heillecourt mais à Vandoeuvre Roberval. Et puis, l’aménagement depuis 2013 des friches du site Sainte Valdrée à Laneuveville avec 800 logements, faisant croître sa population d’un tiers d’ici 2022, ne fait pas vraiment office d’exemple de développement harmonieux.

Plus récemment, nous avons donné l’alerte sur le projet de création d’une maison médicale qui devait se traduire par le regroupement et le déménagement des deux pharmacies de la commune, risquant de priver à terme certains quartiers, notamment celui de la place de la République, de leurs services de proximité. Le projet est abandonné mais certaines problématiques restent entières en l’absence de vision d’ensemble de l’aménagement de notre commune.

Tous ces sujets relèvent directement ou indirectement du Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi) sur lequel la Métropole du Grand Nancy vient d’engager une réflexion. Des réunions publiques se tiennent actuellement dans les 20 communes de la Métropole mais leur format « confidentiel » et très superficiel ne permet pas de parler de « concertation » avec les habitants. Pour notre part, tout en tirant les enseignements des erreurs du passé, nous continuerons d’envisager l’avenir avec l’intérêt général comme ligne de conduite.