Grand-Nancy : entre électoralisme et irresponsabilité

Tribune libre dans Heillecourt notre ville – juillet 2018

Depuis la mise en service de la ligne 1 du tram, le sujet des transports en commun dans l’agglomération revient régulièrement sur le devant de la scène. Conçue et inaugurée dans la précipitation quelques mois avant les élections municipales de 2001, la ligne 1 demeurera un fiasco technique et financier : les grands-nancéens auront payé doublement ces choix à hauteur du coût exorbitant de l’investissement et de sa maintenance, et d’un réseau de transport amputé au détriment du territoire. C’est en effet seulement en 2013 que la ligne 2 – tellement promise ! – a été mise en service mais, avec des bus à haut niveau de service et au prix d’un réseau aux fréquences et amplitudes horaires réduites sur certaines lignes – comme sur les lignes 11 et 12, dégradant ainsi un peu plus le service et par conséquent son attractivité.

D’ores et déjà à saturation, la ligne 1 du tram (le matériel roulant) arrive à bout de souffle techniquement en 2021. La Métropole du Grand-Nancy a donc engagé depuis plusieurs années des études pour renouveler cette ligne. Dans le cadre d’une concertation conduite pendant plusieurs mois, le débat a été élargi, au-delà du renouvellement de la ligne 1, aux conditions de son extension, notamment jusqu’à la Porte Verte à Essey-lès-Nancy et Roberval à Vandœuvre-lès-Nancy. Tout au long de cette concertation, le débat s’est focalisé sur les modalités d’accès au plateau de Brabois depuis le Vélodrome, dont la variante « sans rupture de charge » fait passer le budget global de l’opération de 250 à 380 millions €.

La gestion politique et financière de ce dossier devient inquiétante. Toujours à la recherche d’un « projet métropolitain » qui se perd dans des considérations générales, souvent banales et parfois « fumeuses », l’exécutif de la Métropole est incapable de déterminer des priorités parmi de multiples projets dont le financement n’est pas assuré. Alors qu’il constitue un enjeu majeur pour notre agglomération, le dossier du renouvellement et de l’extension de la ligne 1 est devenu l’objet de surenchères politiciennes à l’approche des élections municipales de 2020. Pour ne fâcher personne, les décisions sont régulièrement reportées et la dernière délibération du mois de mai 2018 porte sur une facture – aujourd’hui non financée – de 380 millions € dont les grands-nancéens découvriront la note salée sur la fiscalité locale après 2020.

Avec 700 millions € d’endettement fin 2017, la Métropole du Grand-Nancy présente une situation financière très dégradée. Alors que cet endettement devra être prioritairement remboursé dans les dix prochaines années, l’exécutif actuel de la Métropole multiplie les chèques en bois à dix-huit mois des prochaines élections, laissant les contribuables grands-nancéens faire – plus tard – les frais de cette politique de la cigale.