Des mauvaises ondes planent sur la mairie

Tribune libre dans Heillecourt notre ville – novembre 2019

La période estivale commence avec une curieuse affaire d’antenne-relais de téléphonie mobile de 40 mètres de hauteur, rue Léon Songeur. Alors que les habitants du quartier de la Vigne des Sables contestent le permis de construire, validé sans information ni concertation, nous interrogeons le Maire, lors du conseil municipal du 25 juin, sur sa manière de traiter ce dossier. Pour justifier l’installation de l’antenne à cet endroit, le Maire et certains adjoints invoquent la fatalité (« on n’y peut rien ») et ironisent alors sur les « mauvaises ondes » de ceux qui osent poser des questions et pointer leur responsabilité. Pourtant, coup de théâtre un mois plus tard : le Maire annonce, par voie de presse, le transfert de l’antenne dans la zone d’activités Est (route de Fléville).

L’été se poursuit avec la révélation d’un loupé dans la transmission, à la Préfecture, des dossiers heillecourtois pour la reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle en 2018. On comprend mieux pourquoi Heillecourt, contrairement à la quasi-totalité des communes environnantes, n’apparaît pas dans la liste d’un arrêté ministériel du mois de mai 2019. Conséquence : les Heillecourtois dont les maisons se fissurent doivent encore patienter pour obtenir la prise en charge financière des travaux à réaliser (ndlr : un arrêté complémentaire incluant Heillecourt a été publié au Journal officiel le 26 octobre 2019).

L’été donne un nouveau « coup de chaud » dans les services. Après le responsable des services techniques, c’est celui de la Maison du Temps Libre qui démissionne au bout de 12 mois seulement de présence. Son prédécesseur avait lui-même résisté pendant 2 ans avant de jeter l’éponge. La vague des départs touche maintenant les postes-clés de l’administration municipale, en première ligne face au désordre et à un climat malsain. De cela, personne ne se sent responsable sauf… sans doute ces mauvaises ondes qui planent au dessus de la mairie.

L’été arrive à son terme avec un conseil municipal qui s’annonçait plutôt consensuel… tant que personne ne cherche à lever le voile sur la gestion de certains dossiers. En fin de séance, alors que le règlement intérieur le permet, nous posons une nouvelle question sur l’antenne-relais transférée dans la zone d’activités Est – rue des Grands Pâquis. Le Maire nous interrompt brutalement pour « faire sa communication » sur le sujet et clôt aussitôt la séance, avant de quitter, furieux, la salle du conseil municipal. Ce n’est que partie remise car nous l’interrogerons prochainement sur les frais, à la charge de la commune, du cabinet d’avocats appelé à la rescousse pour « défendre » sa gestion hasardeuse de ces affaires successives d’antenne-relais.

Cette scène pourrait apparaître comme une simple péripétie de la vie municipale. Elle traduit pourtant une conception très singulière d’un conseil municipal où, depuis bien longtemps, aucun débat contradictoire ni questionnement dérangeant ne sont tolérés.

Précision pour nos lecteurs: cette « tribune libre » d’expression des élus n’appartenant pas à la majorité n’est pas une « faveur » mais l’application de l’article L2121-27-1 du code général des collectivités territoriales.